lundi 8 février 2010
Lecture de Claude Esteban
Par Jean-Michel Maulpoix, lundi 8 février 2010 à 08:04 :: General
Mercredi 10 mars à 19 h, Hôtel Lutetia, Paris
Carnet de bord du site de Jean-Michel Maulpoix
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lundi 8 février 2010
Par Jean-Michel Maulpoix, lundi 8 février 2010 à 08:04 :: General
Mercredi 10 mars à 19 h, Hôtel Lutetia, Paris
vendredi 15 janvier 2010
Par Jean-Michel Maulpoix, vendredi 15 janvier 2010 à 16:11 :: General
Jean-Michel Maulpoix recevra Pierre Oster à l'auditorium du Petit Palais à Paris le mercredi 20 janvier de 13h à 15h, dans le cadre de son séminaire mensuel "La poésie pour quoi faire", organisé en partenariat avec la Maison des écrivains et de la littérature et l'Université Paris Ouest Nanterre.
Ce sera l'occasion d'évoquer Paysage du tout et "Pratique de l'éloge" (Gallimard, 2009).
Des poèmes seront lus par la comédienne Sophie Bourel.

mardi 29 décembre 2009
Par Jean-Michel Maulpoix, mardi 29 décembre 2009 à 08:47 :: General
Extrait de "L'Entretien sur Dante" d'Ossip Mandelstam
dimanche 20 décembre 2009
Par Jean-Michel Maulpoix, dimanche 20 décembre 2009 à 09:42 :: General
La poésie est partagée tout entière entre le désir du pays qui n'existe pas et le besoin du lieu commun: entre l'ailleurs et le poncif, ses deux génies contradictoires.
La langue du poème est aussi irrémédiablement celle de la tribu que celle du sens le plus pur. Sa vocation d'entremetteuse en fait la voix d'une utopie.
(Extraits d'Emondes", 1981)
dimanche 6 décembre 2009
Par Jean-Michel Maulpoix, dimanche 6 décembre 2009 à 15:06 :: General
Lecture de textes de Jean-Michel Maulpoix par Daniel Mesguich et entretien de l'auteur avec Jean-Marc Sourdillon le lundi 7 décembre, de 18h30 à 20h, Bibliothèque de l'Arsenal, rue Sully, 75004 Paris. Extrait de notes préparatoires :
dimanche 10 mai 2009
Par Jean-Michel Maulpoix, dimanche 10 mai 2009 à 07:04 :: General
Vient de paraître aux éditions José Corti un nouvel essai de Jean-Michel Maulpoix, "Pour un lyrisme critique", qui accompagne la réimpression de "Du lyrisme" dont la deuxième édition était épuisée.

lundi 9 février 2009
Par Jean-Michel Maulpoix, lundi 9 février 2009 à 21:54 :: General
« Les vers sont faits pour être donnés et qu’en échange on vous donne quelque chose qui ressemble à de l’amour » écrit Pierre Michon dans Rimbaud le fils.
Le poème est un curieux objet de langue, généralement de petite taille – on le dira volontiers « portatif » – fait pour être porté, appris par cœur, offert, transmis, issu du plus intime de soi et destiné au plus intime de l’autre.
C’est un don fait à quiconque. Le poème appartient à celui qui le trouve, à celui qui le lit et qui peut-être va le faire sien. C’est une Bouteille à la mer pour reprendre une image utilisée par Alfred de Vigny dans Les Destinées, reprise par Ossip Mandelstam dans un essai de 1913 intitulé De l’interlocuteur, puis par Paul Celan dans son « Discours de Brême » :
« Le poème peut, puisqu’il est un mode d’apparition du langage et, comme tel, dialogique par essence, être une bouteille à la mer, mise à l’eau dans la croyance – pas toujours forte d’espérances, certes – qu’elle pourrait être en quelque lieu et quelque temps entraînée vers une terre, Terre-Cœur peut-être. Les poèmes sont aussi de cette façon en chemin : ils mettent un cap.
Sur quoi ? Sur quelque chose qui se tient ouvert, disponible, sur un Tu, peut-être, un Tu à qui parler, une réalité à qui parler. »
Le poème cherche un tu à qui parler. Il ne se contente pas de dire je…
Selon Ossip Mandelstam : « (…) la poésie en tant que telle aura toujours pour objet quelque destinataire inconnu et lointain en l’existence duquel le poète ne saurait douter sans se remettre lui-même en question »
Le poème porte en lui comme sa raison d’être l’espérance d’être lu.
dimanche 5 octobre 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, dimanche 5 octobre 2008 à 22:11 :: General
vendredi 3 octobre 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, vendredi 3 octobre 2008 à 23:17 :: General
Deuxième numéro électronique de la revue
dimanche 1 juin 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, dimanche 1 juin 2008 à 07:04 :: General

La poésie est une collection de particularités. Une collection d'organismes verbaux singuliers, appelés « poèmes », où se configure brièvement, par surprise, par éclats, dans le vif de la circonstance ou dans l’éloignement de la réflexivité, l’existence même de qui écrit : son rapport au monde, à soi et à autrui, ce que Mallarmé appelle une « attitude primordiale » donnant lieu à (ou inséparable de) un certain rapport au langage.
En sa dimension « lyrique » elle suppose ou accomplit l’implication directe d’un sujet dans l’écriture
« Hésitation prolongée entre le son et le sens », ainsi que la définissait Valéry, elle vise, on le sait, par principe à produire des effets expressifs qui usent des ressources du langage. Mais elle est plus encore une affaire de voix, une certaine diction écrite.
Ni la communication ni l’imagination ne sont sa grande affaire, mais la tension et l’étirement du langage même dont il est ici question de faire apparaitre les propriétés et les possibilités. La poésie pose ainsi sans cesse la question du « Que peut-on écrire ? » Jusqu’où pouvons nous mener la langue, ou nous laisser conduire par elle ?
La poésie (moderne) a affaire à une question sans fin : « Qu’est-ce que la poésie ? »
La poésie ne cesse de solliciter, ou de réclamer, en son étrangeté même, que l’on travaille en vue de sa définition. À tout le moins sollicite-t-elle la présence à ses côtés (quand ce n’est en elle) d’un discours second qui en fasse valoir les enjeux. Le poème aspire à se prolonger en sa critique, ou en son commentaire. Il lui faut sans cesse revenir sur ce geste d'encre qu’il accomplit et sur cette forme qu’il est.
Lire l'essai : Que dire de la poésie ?
lundi 31 mars 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, lundi 31 mars 2008 à 14:25 :: General

Lyrisme : temporiser cela qui de toutes part s'échappe et nous délaisse. Mettre du temps vécu dans la langue. Du temps mortel. C'est, en un certain sens, apprivoiser le vide, en faisant mine de dire l'indicible, en rôdant autour de lui, en lui prêtant voix... Et c'est ainsi s'assurer d'une espèce de paradoxale maîtrise sur cela qui nous dépossède. Le sujet lyrique ne se ferait-il par nature un pouvoir de son impuissance, un royaume de sa dépossession ? Que peuvent les hommes, sinon tourner en rond dans leur cage... avec des chants ?
La littérature, et plus singulièrement la poésie, tient un double langage. Si ce n'est autre chose, elle laisse toujours entendre bien plus que ce qu'elle dit. Accentuant, elle redouble, surdétermine, surenchérit. Elle parle à côté, ou de travers. Il lui faut dire ensemble des choses qui d'ordinaire s'excluent
dimanche 23 mars 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, dimanche 23 mars 2008 à 21:56 :: General

Il est peu d’œuvres poétiques contemporaines qui invitent autant que celle de Guy Goffette à poser radicalement la question de l’expression lyrique. Tous les ingrédients que la tradition répète à loisir, en effet, sont là : expression du sentiment, aspiration à l’idéal, mélancolie, déploration du temps passé ou perdu, primauté de la voix et valorisation des ressources musicales du langage… Or nous sentons bien que chacun de ces motifs est trop stéréotypé ou trop vague pour rendre compte des subtils enjeux de cette écriture. Pour y voir un peu clair, il faut aller plus loin : chercher vraiment à entendre ce que la poésie réclame et ce pourquoi elle porte plainte.
Il convient d’observer tout d’abord que la parole poétique de Goffette entre plus directement et vivement dans l’intime que tout autre. Elle ne l’exprime pas, elle le traque, le débusque, le poursuit parmi ses contradictions et ses jeux de masques, ses leurres, ses faux-semblants, ses bonnes et ses mauvaises consciences… Elle interpelle, questionne, insiste, malmène ; elle tutoie et rudoie, elle parle du « je » comme d’un autre ; elle y met la plume comme on y met le fer, avec l’espoir qu’il accouche d’une vérité.
Cette vérité concerne moins le poète que son lecteur dont la figure se trouve curieusement prise au beau milieu de cette espèce d’intime scène de ménage dont le sujet lyrique est le théâtre. C’est de la vie commune, dans les deux sens du terme, qu’il est ici question… Du sort de tous et de chacun tel qu’il se connaît décousu et tel qu’il aspire à s’ajointer. La poésie lyrique regarde l’existence dans l’angle du sentiment et demande : Qu’est-ce que la vie d’un homme, avec ses « amours de bric et de broc, toujours plus ou moins contrariées » ?
Ainsi donne-t-elle à entendre de combien de lignes de fuite, de bosses et de creux, une existence humaine est faite, ce qu’elle suppose de prétentions éconduites et d’espérances déçues. Si le Temps ainsi presse sur l’âme et la fait gémir dans le noir, si l’avenir jamais ne tient ses promesses, c’est que nous sommes travaillés d’étranges désirs, peu cohérents, mal explicables, et qui nous conduisent si souvent à trahir l’amour même que nous aurions bien mauvaise grâce à déplorer qu’il nous manque !
A travers sa fièvre de comparaisons et de métaphores, l’écriture lyrique de Guy Goffette semble à la recherche d’une image, d’une formule ou d’une clef, qui la délivrerait enfin de son mal en le nommant une fois pour toutes… Mais un tel salut ne vient pas. Les mots ne sont que de l’herbe sèche que l’on arrache, ou des poignées de sable que l’on jette au vent. L’écriture ne peut que « remâcher » indéfiniment ses larmes. En vers ou en prose, elle est contrainte de déchirer et repriser les mêmes phrases tristes et coupables. Telle est la punition du poète-Pénélope qui attend en vain le retour du sens et de la pureté perdue ! La poésie de Guy Goffette diagnostique cruellement l’incurable maladie dont souffre la vie commune. Nous autres, frères humains, sommes un bien curieux mélange de liens et de coupures ! Comme la poésie même en ses filages et ses césures... Tout poème est un « manteau de fortune », un canevas de fuites et d’attaches. Partance : tel pourrait être, en définitive, sous la plume de Goffette, le mot-clef du mal-être. Comme on le dit d’une vieille barque accrochée à la rive, que le courant aspire, et qui tire en vain sur sa corde…
vendredi 22 février 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, vendredi 22 février 2008 à 18:54 :: General
Les premiers vers de Terraqué ont fait date. On les cite volontiers comme exemplaires de l’œuvre de Guillevic qu’ils ouvrent avec une autorité poétique certaine, en affirmant le parti-pris de simplicité de leur auteur. D’emblée, l’attention du lecteur est fixée sur un objet fermé, à la fois familier et lourd de mystère, et qui impose un inquiétant dénuement :
'' L’armoire était de chêne
Et n’était pas ouverte.
Peut-être il en serait tombé des morts,
Peut-être il en serait tombé du pain.
Beaucoup de morts.
Beaucoup de pain.''
Au commencement, il y a donc une armoire. Non pas un menhir de granit, mais cette autre sorte d’objet levé, lui aussi obtus et taciturne, qui contient et rapproche jusqu’à les confondre le vivre et le mourir… Au commencement est une armoire, comme chez Rimbaud, dont le premier poème « Les étrennes des orphelins » évoquait déjà les mystérieux « flancs de bois » d’une grande armoire « sans clef » dont restait obstinément fermée « la porte brune et noire ».
Fascinant contenant que celui-là ! Et dont le contenu ne peut être qu’hypothétique, aussi radical que mystérieux, puisqu’il concerne la vie humaine tant dans son quotidien que dans son inconnu, tels ces « morts » et ce « pain » auxquels songe Guillevic. Autant dire que l’armoire de chêne contient prosaïquement – familialement, ou familièrement, pourrait-on dire – la vie et la mort, la subsistance et la fin des êtres, leur destinée… Elle est une réserve d’énigmes. Est-ce menace ou promesse ? On la sent bienveillante autant qu’inquiétante, et l’on ne sait au juste de quels sentiments l’on pourrait doter cet objet inanimé, ni si cette tentation aurait ou non un sens…
L’armoire est mémoire, ou mémorial, puisqu’elle conserve toute l’histoire passée d’une famille humaine. Mais elle est tout autant une présence d’une disponibilité immédiate, puisqu’on y met à l’abri le pain des jours. Elle assure donc le lien entre ce qui fut et ce qui advient, entre le perdu et le nouveau, comme entre le proche et le très lointain, le simple et le mystérieux… C’est un objet tutélaire, magique, anthropomorphe, une espèce de menhir en bois : un monument de la vie banale. La poésie de Guillevic va en entrouvrir les portes, mais en veillant à ne pas trahir son caractère taciturne, sa qualité de chose…
D’ailleurs cette armoire n’est pas ici considérée, comme chez Rimbaud, par le regard rêveur et triste d’un enfant : elle existe seule, sans personne à ses côtés, et l’unique présence humaine qui s’y attache directement est en vérité une absence : la quantité de morts qu’elle pourrait contenir.
Mieux : c’est elle qui nous accueille au seuil de l’œuvre de Guillevic comme si elle y montait la garde, vigilante et droite à la façon d’une sentinelle, à qui il incomberait de veiller sur l’humanité et sa très longue histoire. Elle est, par excellence, l’objet humain : cette chose inanimée et polyvalente dans laquelle il semble que s’est réfugié l’humain, tel un réceptacle, un berceau ou un sépulcre.
Que fait donc le poème ? Il dit simplement cette armoire et son poids d’énigme. Il la présente sobrement. A sa façon, lui aussi se tient debout, sur la page. Et comme elle il se montre taciturne et mystérieux, comme s’il prenait modèle sur la façon d’être de la chose, et semblait même lui obéir.
dimanche 17 février 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, dimanche 17 février 2008 à 08:51 :: General
L'oeuvre de Paul Valéry dénoue le drame que formule pour la première fois Baudelaire et qu'exaspèrent Rimbaud et Mallarmé : le drame de l'impossible atteinte de l'idéal, de la fermeture des "altitudes bleues" et du renvoi brutal de l'homme à la dure réalité du terrestre. Valéry s’écarte de ce conflit du dualisme (âme/corps) et de la dualité (ange/bête), si violemment répété depuis le romantisme, en plaçant au centre de sa poétique le "thyrse plus complexe" que souhaitait Mallarmé : tout son travail consiste à associer sens et sensualité (la clef et le serpent retenus comme emblèmes d'une mythologie personnelle), esprit et chair, ligne droite et arabesques… Ainsi l’opposition est-elle dépassée dans la forme, voire en y mettant les formes… Dans la voie ouverte par les tissages et les réfractions mallarméennes, c’est bien la complexité qui prend la place de la dualité ; mais il s’y adjoint le jeu, voire la virtuosité. Le maudit d’hier devient le mondain d’aujourd’hui, et l’écriture bascule du désir au plaisir. Elle se dédramatise, cependant que s’y établit une figure de poète-penseur sceptique et faustien retenant à présent au-dedans de soi tout cela qu’exprimaient ses prédécesseurs, et convertissant en beautés savantes les liens mêmes dans lesquels il est retenu.
Lire également sur ce site : Paul Valéry ou le lyrisme de l'intellect.
samedi 26 janvier 2008
Par Jean-Michel Maulpoix, samedi 26 janvier 2008 à 14:54 :: General
Extrait d'un essai de Jean-Michel Maulpoix sur la "Résistance de René Char"