Le Boulevard des Capucines
peint par Claude Monet depuis la fenêtre de l'atelier de Nadar.
"Le
Boulevard des Capucines ne doit pas son nom à ces petites
fleurs simples, de couleur orangée, jaune ou rouge, qui
grimpent en été le long des vieux murs, mais à l’ordre des
capucins, ainsi nommés à cause de leur vêtement, fait d’une
tunique grossière et d’une capuche longue et pointue.
Dans
les années 1880, à la tombée du jour, à deux pas des
Italiens, se rassemble tout ce que la capitale compte de
moustaches frisées, de gants, de faux-cols et de cravates
blanches.
Sur
les boulevards sont les commerces du luxe nouveau, les théâtres,
les journaux et les cafés. Là défilent comme à la parade,
les militaires et les modistes, les lorettes et les dîneurs, un
gardénia à
la boutonnière. Là
coule le courant pressé de l’Époque. Le plaisir et la
finance y tracent côte à côte leur chemin quand s’allument
les reflets du gaz."
"Par
une journée grise de l’hiver 1873, Claude Monet
peint le boulevard depuis l’une des fenêtres de
l’atelier de Félix Nadar.
Il
n’y a pas de capucines, mais de la neige sur le sol,
pareil à une toile blanche où les flâneurs
dessinent des grappes de signes illisibles. De la
neige en poudre sur le toit des calèches qui
attendent, en longue file immobile derrière les
arbres nus. Des nuages de neige dans les lointains.
La
même clarté diffuse et floue baigne les silhouettes,
les branches, les façades et le ciel d’un halo
jaune et bleu de froidure. La lumière d’en bas et
la lumière d’en haut sont à peu près les mêmes :
entre deux blancheurs indécises flotte la vie
humaine, sans cause et dépourvue d’attaches.
Invitation à la
promenade, ce livre suit les traces de Baudelaire et de Nadar, de
Mallarmé et de Manet dans le Paris de la fin du XIXème siècle.
Galerie de portraits,
il réunit sur un coin de table
quelques peintres et écrivains photographiés par Monsieur Nadar dans
son atelier du Boulevard des capucines.
Manuel de savoir vivre,
il accompagne aux bains de mer une jeune bourgeoise oisive, prénommée
Louise
Journal imaginaire, il
raconte au jour le jour la vie d’un rêveur
en prose qui quittera bientôt les fleurs maladives de la Capitale
pour d’autres aux couleurs plus vives....