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Boulevard 

des Capucines

 

par Jean-Michel Maulpoix

aux éditions du Mercure de France

 

Le Boulevard des Capucines peint par Claude Monet depuis la fenêtre de l'atelier de Nadar.

"Le Boulevard des Capucines ne doit pas son nom à ces petites fleurs simples, de couleur orangée, jaune ou rouge, qui grimpent en été le long des vieux murs, mais à l’ordre des capucins, ainsi nommés à cause de leur vêtement, fait d’une tunique grossière et d’une capuche longue et pointue.

Dans les années 1880, à la tombée du jour, à deux pas des Italiens, se rassemble tout ce que la capitale compte de moustaches frisées, de gants, de faux-cols et de cravates blanches.

Sur les boulevards sont les commerces du luxe nouveau, les théâtres, les journaux et les cafés. Là défilent comme à la parade, les militaires et les modistes, les lorettes et les dîneurs, un gardénia à la boutonnière. Là coule le courant pressé de l’Époque. Le plaisir et la finance y tracent côte à côte leur chemin quand s’allument les reflets du gaz."

 

Lire un extrait

Extrait relatif au  tableau ci-dessus

 

"Par une journée grise de l’hiver 1873, Claude Monet peint le boulevard depuis l’une des fenêtres de l’atelier de Félix Nadar.

Il n’y a pas de capucines, mais de la neige sur le sol, pareil à une toile blanche où les flâneurs dessinent des grappes de signes illisibles. De la neige en poudre sur le toit des calèches qui attendent, en longue file immobile derrière les arbres nus. Des nuages de neige dans les lointains.

La même clarté diffuse et floue baigne les silhouettes, les branches, les façades et le ciel d’un halo jaune et bleu de froidure. La lumière d’en bas et la lumière d’en haut sont à peu près les mêmes : entre deux blancheurs indécises flotte la vie humaine, sans cause et dépourvue d’attaches.

Du sol s’envole une grappe de ballons rouges…"

 

Extrait de Boulevard des Capucines de Jean-Michel Maulpoix, paru  aux éditions du Mercure de France, le 2 mars 2006.

 

Présentation du livre

 

Invitation à la promenade, ce livre suit les traces de Baudelaire et de Nadar, de Mallarmé et de Manet dans le Paris de la fin du XIXème siècle.

Galerie de portraits, il réunit sur un coin de table quelques peintres et écrivains photographiés par Monsieur Nadar dans son atelier du Boulevard des capucines.

Manuel de savoir vivre, il accompagne aux bains de mer une jeune bourgeoise oisive, prénommée Louise

Journal imaginaire, il raconte au jour le jour la vie d’un rêveur en prose qui quittera bientôt les fleurs maladives de la Capitale pour d’autres aux couleurs plus vives....